Loulou y es-tu ?

2023

photographies numériques


« Paris 31 juillet 1978.
J’habite mon chagrin et cela me rend heureux.
Tout m’est insupportable qui m’empêche d’habiter mon chagrin. »
Roland Barthes, Journal de deuil

« Je veux rester seule avec mon chagrin. Je veux protéger ces sensations étrangères – les cacher ? –, cette déconcertante succession de monts et de vallées. Il y a l’envie désespérée de me débarrasser de ce fardeau, et puis l’aspiration contradictoire à le choyer, le tenir contre moi. Peut-on être possessif avec sa peine ? »
Chimamanda Ngozi Adichie, Notes sur le chagrin


Mon père s’appelait Louis, mais tout le monde l’appelait Loulou. À sa mort, en 2021, mon frère et moi avons hérité de parcelles boisées situées sur les communes de Listrac-Médoc et Saint-Laurent-Médoc. C’est au creux de l’une de ces forêts que j’ai réalisé cette série de photographies mettant en scène des objets lui ayant appartenu, comme une façon de retenir sa présence et d’habiter le chagrin.






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